Day 149 / 365
Job 9–11
Job 9–11
1Job prit la parole et dit:
2Je sais bien qu’il en est ainsi; Comment l’homme serait-il juste devant Dieu?
3S’il voulait contester avec lui, Sur mille choses il ne pourrait répondre à une seule.
4A lui la sagesse et la toute-puissance: Qui lui résisterait impunément?
5Il transporte soudain les montagnes, Il les renverse dans sa colère.
6Il secoue la terre sur sa base, Et ses colonnes sont ébranlées.
7Il commande au soleil, et le soleil ne paraît pas; Il met un sceau sur les étoiles.
8Seul, il étend les cieux, Il marche sur les hauteurs de la mer.
9Il a créé la Grande Ourse, l’Orion et les Pléiades, Et les étoiles des régions australes.
10Il fait des choses grandes et insondables, Des merveilles sans nombre.
11Voici, il passe près de moi, et je ne le vois pas, Il s’en va, et je ne l’aperçois pas.
12S’il enlève, qui s’y opposera? Qui lui dira: Que fais-tu?
13Dieu ne retire point sa colère; Sous lui s’inclinent les appuis de l’orgueil.
14Et moi, comment lui répondre? Quelles paroles choisir?
15Quand je serais juste, je ne répondrais pas; Je ne puis qu’implorer mon juge.
16Et quand il m’exaucerait, si je l’invoque, Je ne croirais pas qu’il eût écouté ma voix,
17Lui qui m’assaille comme par une tempête, Qui multiplie sans raison mes blessures,
18Qui ne me laisse pas respirer, Qui me rassasie d’amertume.
19Recourir à la force? Il est tout-puissant. A la justice? Qui me fera comparaître?
20Suis-je juste, ma bouche me condamnera; Suis-je innocent, il me déclarera coupable.
21Innocent! Je le suis; mais je ne tiens pas à la vie, Je méprise mon existence.
22Qu’importe après tout? Car, j’ose le dire, Il détruit l’innocent comme le coupable.
23Si du moins le fléau donnait soudain la mort!… Mais il se rit des épreuves de l’innocent.
24La terre est livrée aux mains de l’impie; Il voile la face des juges. Si ce n’est pas lui, qui est-ce donc?
25Mes jours sont plus rapides qu’un courrier; Ils fuient sans avoir vu le bonheur;
26Ils passent comme les navires de jonc, Comme l’aigle qui fond sur sa proie.
27Si je dis: Je veux oublier mes souffrances, Laisser ma tristesse, reprendre courage,
28Je suis effrayé de toutes mes douleurs. Je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent.
29Je serai jugé coupable; Pourquoi me fatiguer en vain?
30Quand je me laverais dans la neige, Quand je purifierais mes mains avec du savon,
31Tu me plongerais dans la fange, Et mes vêtements m’auraient en horreur.
32Il n’est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde, Pour que nous allions ensemble en justice.
33Il n’y a pas entre nous d’arbitre, Qui pose sa main sur nous deux.
34Qu’il retire sa verge de dessus moi, Que ses terreurs ne me troublent plus;
35Alors je parlerai et je ne le craindrai pas. Autrement, je ne suis point à moi-même.
1Mon âme est dégoûtée de la vie! Je donnerai cours à ma plainte, Je parlerai dans l’amertume de mon âme.
2Je dis à Dieu: Ne me condamne pas! Fais-moi savoir pourquoi tu me prends à partie!
3Te paraît-il bien de maltraiter, De repousser l’ouvrage de tes mains, Et de faire briller ta faveur sur le conseil des méchants?
4As-tu des yeux de chair, Vois-tu comme voit un homme?
5Tes jours sont-ils comme les jours de l’homme, Et tes années comme ses années,
6Pour que tu recherches mon iniquité, Pour que tu t’enquières de mon péché,
7Sachant bien que je ne suis pas coupable, Et que nul ne peut me délivrer de ta main?
8Tes mains m’ont formé, elles m’ont créé, Elles m’ont fait tout entier… Et tu me détruirais!
9Souviens-toi que tu m’as façonné comme de l’argile; Voudrais-tu de nouveau me réduire en poussière?
10Ne m’as-tu pas coulé comme du lait? Ne m’as-tu pas caillé comme du fromage?
11Tu m’as revêtu de peau et de chair, Tu m’as tissé d’os et de nerfs;
12Tu m’as accordé ta grâce avec la vie, Tu m’as conservé par tes soins et sous ta garde.
13Voici néanmoins ce que tu cachais dans ton cœur, Voici, je le sais, ce que tu as résolu en toi-même.
14Si je pèche, tu m’observes, Tu ne pardonnes pas mon iniquité.
15Suis-je coupable, malheur à moi! Suis-je innocent, je n’ose lever la tête, Rassasié de honte et absorbé dans ma misère.
16Et si j’ose la lever, tu me poursuis comme un lion, Tu me frappes encore par des prodiges.
17Tu m’opposes de nouveaux témoins, Tu multiplies tes fureurs contre moi, Tu m’assailles d’une succession de calamités.
18Pourquoi m’as-tu fait sortir du sein de ma mère? Je serais mort, et aucun œil ne m’aurait vu;
19Je serais comme si je n’eusse pas existé, Et j’aurais passé du ventre de ma mère au sépulcre.
20Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre? Qu’il me laisse, Qu’il se retire de moi, et que je respire un peu,
21Avant que je m’en aille, pour ne plus revenir, Dans le pays des ténèbres et de l’ombre de la mort,
22Pays d’une obscurité profonde, Où règnent l’ombre de la mort et la confusion, Et où la lumière est semblable aux ténèbres.
1Tsophar de Naama prit la parole et dit:
2Cette multitude de paroles ne trouvera-t-elle point de réponse, Et suffira-t-il d’être un discoureur pour avoir raison?
3Tes vains propos feront-ils taire les gens? Te moqueras-tu, sans que personne te confonde?
4Tu dis: Ma manière de voir est juste, Et je suis pur à tes yeux.
5Oh! Si Dieu voulait parler, S’il ouvrait les lèvres pour te répondre,
6Et s’il te révélait les secrets de sa sagesse, De son immense sagesse, Tu verrais alors qu’il ne te traite pas selon ton iniquité.
7Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, Parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant?
8Elle est aussi haute que les cieux: que feras-tu? Plus profonde que le séjour des morts: que sauras-tu?
9La mesure en est plus longue que la terre, Elle est plus large que la mer.
10S’il passe, s’il saisit, S’il traîne à son tribunal, qui s’y opposera?
11Car il connaît les vicieux, Il voit facilement les coupables.
12L’homme, au contraire, a l’intelligence d’un fou, Il est né comme le petit d’un âne sauvage.
13Pour toi, dirige ton cœur vers Dieu, Étends vers lui tes mains,
14Éloigne-toi de l’iniquité, Et ne laisse pas habiter l’injustice sous ta tente.
15Alors tu lèveras ton front sans tache, Tu seras ferme et sans crainte;
16Tu oublieras tes souffrances, Tu t’en souviendras comme des eaux écoulées.
17Tes jours auront plus d’éclat que le soleil à son midi, Tes ténèbres seront comme la lumière du matin,
18Tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera plus vaine; Tu regarderas autour de toi, et tu reposeras en sûreté.
19Tu te coucheras sans que personne ne te trouble, Et plusieurs caresseront ton visage.
20Mais les yeux des méchants seront consumés; Pour eux point de refuge; La mort, voilà leur espérance!
"Prêche l'Évangile en tout temps. Si nécessaire, utilise des mots."
— Francis of Assisi